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GERALD TOTO MUSICIEN CHEVRONNE

September 15, 2011 1 Comment

Dans sa rubrique Arts& Entertainment  Flashmag  reçoit ce mois  Gerald Toto musicien émérite.

Flashmag : qui est Gerald Toto  ou est-il né  a grandi, étudié ? Quels souvenirs garde-t-il de cette période de son enfance et de jeune adulte ?

Gerald Toto : Je suis né à Paris et j’ai passé toute mon enfance à St Cloud, ville bourgeoise de la banlieue ouest de la capitale. Je peux dire avoir passé une enfance heureuse et sereine au sein d’un ilot familiale afro-caribéen un peu esseulé à cette époque dans cette ville !

Flashmag : ton parcours musical comment est tu devenu musicien ? Qu’est qui inspire plus ton style musicale quelles influences as-tu subi ?

Gerald Toto : J'ai eu la chance de baigner dans la musique mais plus en tant qu'auditeur dans un premier temps. J'avais plusieurs oncles mélomanes équipés de fantastiques chaines Hi-Fi. Je me souviens avoir passé des heures à regarder (Aa ah les magnétophones à bandes qui tournaient majestueusement ou les platines pour disques vinyle avec leurs mécaniques d'horloger …) et à écouter de la musique afro-cubaine, haïtienne, afro-américaine jamaïcaine et africaine principalement. Mes tétines musicales sont d'abord là. A l’adolescence, au contact des copains et avec les colonies de vacances j'ai pu découvrir et aimer la folk musique (avec le collier de corail autour du cou ! Mais oui, ambiance totale patchouli baba cool  avec Simonet Garfunkel, Neil Young etc…). Depuis tout petit c'est d'abord la guitare basse que je voulais jouer mais cela coûtait trop cher pour nous j'ai commencé à 10 ans par la guitare classique. Je n'ai pu commencer la basse qu'à 14 ans. Le jour d'après où je l'ai eu j'ai créé un groupe avec les copains du lycée et les cloques aux doigts sont arrivées vite ! Mince, je n'imaginais pas les cordes si grosses! Ensuite la musique m'a gagné de jour en jour sans vraiment que j'en prennes conscience jusqu'à ce jour de partiel de droit privé en seconde année d'université où je me suis lever en plein milieu de l'épreuve pour accomplir mon destin  (au grand dam de ma chère maman ).

Flashmag :figure très en vue de l’underground Parisiens dans les années 90’ tu as écrit  des chansons à succès pour des artistes tel Faudel « tellement je t’aime » un mot sur cette  période de ton expérience artistique ?

Gerald Toto : C'était une période d'expérimentation pour moi. Il existait sur Paris beaucoup de groupes faisant partis de cette scène Acid- Jazz ou Afro-beat. J’en faisais partis avec le groupe Tatoom et c'est pendant cette période que j'ai pu croiser et partager la musique  avec Juan Rozoff, Mathieu Chédid, Magic Malic par exemple. Il y avait une bonne dizaine de clubs où on aimait se retrouver pour croiser le fer ou voir les copains (Sur la rue Oberkampf en particulier ou les soirées de Kova Réa au Divan du Monde ou encore les Sunday School qui étaient animées par Sidney !). Une vraie période d'émulation collective.

Flashmag : Ton instrument de prédilection étant la guitare, qui a été pour toi les guitaristes modèles ? Dans la gestation de ta carrière d’artiste quels sont les artistes confirmés à qui tu voulais plus ressembler ? Ou alors tu as simplement toujours voulu être toi un original en somme ?

Gerald Toto : Et bien comme je te l'ai dit précédemment mon instrument de prédilection était plutôt la basse et c'est d'abords à travers son apprentissage que j'ai trouvé mes premiers modèles à suivre, ce qui m'a d'ailleurs amené à écouter de plus en plus de jazz. J’ai d'abords été subjugué par le slap de Stanley Clark puis par le phrasé phénoménal de Pastorius et je me suis fait des rasades de Marcus Miller. Mais j'ai beaucoup écouté les basses de la Motown en découvrant bien plus tard le nom du responsable James Jamerson ! J'ai aussi beaucoup écouté Ron Carter à la Contrebasse et Mingus. Concernant la guitare j'étais et je reste plutôt orienté sur les rythmiques  quel que soit le style de musique (Meters, les JB’s, Niles Rodgers…pfff il y en a trop que j'adore!). Cependant je suis un musicien intuitif, je me laisse guider par le son même si cela m'amène à faire des doigtés pas très académiques ! Alors au fil des années je tends à trouver ma voie. En plus, comme je chante tout cela se complique un peu plus. Mes modèles vont de Marvin Gaye à Bobby Mc Ferrin en passant par Bob Marley ou Neil Young. En fait il y a tant et tant à découvrir chez les autres d'hier comme contemporains ; mes oreilles sont tout le temps en éveil !       

Flashmag : Aujourd’hui le monde de la musique est en perpétuel mouvement cependant certains estiment que la réelle créativité, l’innovation est très rare voire sacrifier pour but commercial qu’en penses-tu ? Dans cet optique on accuse les major compagnies de production d’exercer un formatage intensif de la musique que nous écoutons, on a l’impression d’écouter la même chose tout le temps pire une musique édulcorée de toute essence, es-tu de cet avis ?

Gerald Toto : Je pense sincèrement que la créativité est encore bien présente aujourd'hui mais ses atours peuvent paraître paradoxaux. Aujourd'hui les artistes musiciens s'émancipent totalement des styles académiques voire même de leurs racines culturelles dans leurs créations. Il devient de plus en plus ardu pour les médias de les classifier et c'est tant mieux! Cela dit j'ai la redoutable impression que les arts reviennent aux statuts qu'ils avaient sous l'ancien régime, au temps des rois; à ceci près que les rois d'aujourd'hui sont les majors producteurs et plus encore les majors diffuseurs. Dès lors, comme en ce temps-là, il y a de moins en moins d'élus et ces derniers doivent impérativement être adoubés par les lois (des rois)…Du marché! Donc peu de stars mais au développement planétaire qui, de par les critères commerciaux qu'ils doivent remplir, s'éloignent de plus en plus de l'image de l'artiste détaché des préoccupations mercantiles quant à ses créations. Libre à ceux qui désirent rester indépendants ou au moins résistants mais ils sont alors, pour la plupart, condamnés au maquis, l'underground, l'alternatif… l’anonymat. En bref nous sommes à une époque où les artistes eux-mêmes se conforment volontiers aux diktats du marché. Ne pas se plier à ses règles à de telles conséquences que les générations actuelles ne sont plus prêtes à payer. Ils sont devenus pragmatiques et les lois du marché s'installent à présent à la source de la création. J'en veux pour preuve les logiciels mis à disposition par les grands réseaux sociaux tels Facebook ou MySpace par exemple. Avec ces outils l'artiste s'applique volontairement tous les rudiments du parfait chef de produit de n'importe quelle Major (sur exposition de sa personne, communication agressive au maximum pour "informer" son réseau lui-même développé dans le seul but de d'augmenter son audience avec un panel d'outils visant à sonder et profiler régulièrement les membres de son réseau). Les radios crochets télévisés n'ont absolument rien arrangé sur ce point. Si il est un point commun que tous les élus de ces émissions partagent c'est bien celui de souscrire sans réserve à ce système (cela me laisse toujours bizarre quand j'entends des artistes parler de "prime" …)

Flashmag : En 2004 avec Richard Bona, et Lokua Kanza, vous avez réalisez l’Album Toto Bona Lokua inspire d’improvisation vocale un triptyque gagnant quand on sait le succès qu’a eu cet album peut tu nous en dire un peu plus ? comment s’est faite ta rencontre avec ces frères de l’art musical ? Votre collaboration fut elle parfaite, pourquoi ? Enfin qu’a représenté pour toi cet aventure musicale l’expérience que tu en as tiré  et les souvenirs que tu en gardes ?

Gerald Toto : Cet album est important pour moi à plus d'un titre. Tout d'abord il a été l'occasion pour moi de rencontrer de la plus belle façon deux artistes pour qui j'ai beaucoup de respect pour leur parcours extraordinaires et la qualité de leur savoir-faire. Ensuite, il m'a permis de retrouver des sensations juvéniles pendant son enregistrement. Nous étions si détendus, si heureux d'être là en roue libre ! La spontanéité était le fil d’Ariane de ces 5 jours d'enregistrement. Ces sessions ont été riche d'enseignements pour moi en termes de production également particulièrement sur le fait de privilégier l'épure au trop plein. Ce disque est un condenser d'instants de grâce que j'ai eu le privilège de partager avec Richard et Lokua. Merci la vie ! Merci Laurent Bizot qui est à l'origine du projet et est le patron du label No Format dont le disque fait partie du catalogue. Il nous connaissait tous les trois en sachant notre amour de l'acoustique et pour les  arrangements vocaux. Enfin, la plus belle récompense est qu'au-delà du plaisir que nous avons eu à produire cet album, la tournée que nous avons fait en 2008 (plus de quatre ans après sa sortie!) a été un continuum en termes de bonheur partagé sur scène avec un retour du public fantastique. Je souhaite de pareille expérience à tout artiste !

Flashmag : tu as collaboré  notamment avec le groupe de musique électronique Smadj venant du Moyen-Orient  et Nouvelle vague en 2006, est-ce pour toi une manière d’explorer de nouveau genre faire en quelque sorte de la musique alternative ?

Gerald Toto : Exactement! Comme des petites bulles d'air pour endosser un autre rôle dans le processus créatif et m'enrichir d'expériences nouvelles.

Flashmag : depuis ton premier album paru en 1998 « Premiers jours » et le second« kitchenette » en 2007chanté totalement en Français avec quelques titres en Créole, tu chantes  de plus en plus en anglais notamment avec le groupe Nouvelle Vague est-ce une manière de toucher un public plus grand ou alors la langue de Shakespeare se prête plus facilement à ton genre ?

Gerald Toto : Mes albums sont tous le fruit de rencontres du moment. Après mon second album j'ai eu la chance de rencontrer plusieurs artistes anglo-saxons : Paula Bird, John Mitchell et Alice Orpheus . Le courant est tellement bien passé entre nous qu'avec chacun d'entre eux des morceaux ont été écrits assez rapidement . Mais avec Alice la collaboration a été tout simplement unique , extraordinaire . En un an nous avons co-écrits une bonne quarantaine de titres! Depuis mes débuts, j'ai toujours chanté en anglais mais effectivement , après l'épisode "Nouvelle Vague", c'est le premier opus qui en témoigne. Cela dit, mon rêve est de pouvoir chanter espagnol ou portugais comme un Nat King Cole à l'époque.

Flashmag :En 2011 parait ton troisième Album « Springs Fruits » un mot sur cet Album ? Avec qui as-tu collaboré pour sa confection et de quoi s’inspire-t-il globalement ?

Gerald Toto :Tout d'abord cet album est auto produit. J'essaie de mettre en accord mes convictions et mes actes! J'ai simplement signé avec le label Antikraft pour sa distribution. J'ai d'abord commencé à composer à mon établi et j'avais une bonne quantité de mélodie quand j'ai fait la rencontre d'Alice Orpheus qui est lui-même auteur-compositeur . Fort de l'expérience "TotoBonaLokua" j'ai toujours eu en tête de produire un album "texturé" mais dans le même temps aéré. Pour chaque titre je suis parti du couple guitare / voix pour en développer l'arrangement. J'ai travaillé dans un second temps en studio pour les prises de batteries et claviers avec Patrick Goraguer avec qui je collabore régulièrement depuis mon premier album, Laurent David pour quelques morceaux à la basse . Je suis ensuite parti de nombreuses fois à Brighton pour mixer et finalement produire à nouveau chez Mike Pélanconi qui est lui aussi une rencontre extraordinaire pour moi! J'ai quasiment composé la matière d'un autre album pendant ces sessions de mixe tellement je me sentais bien dans son studio ! Nous y avons fait des prises de cuivres, violoncelle , percussions et comme il a quantité de bonnes guitares je me suis régalé à en commettre d'autres pour cet album et pour des prochains…

Flashmag : nous vivons dans un monde en mutations c’est pourquoi nous estimons a Flashmag qu’une vie sans causes est une vie sans effets Gerald Toto est-il un artiste engagé ? Quels sont ses idéaux de société ? Ses préoccupations par rapport au monde actuel ? Sa manière de contribuer à l’édification d’un monde meilleur ?

Gerald Toto : Ecrire, composer et chanter ce que je suis reste un combat assez âpre depuis mes débuts! Combien de fois des personnes du métier ou des amis bien intentionnés m'ont suggérer d'emprunter tel ou tel style afin de correspondre à ce que l'on attendait de moi . J'assume et je vis sans heurt mon métissage mais j'ai pu me rendre compte que la véritable crise d'identité était vécu par la principale communauté française . En règle générale on ne s'enrichi pas assez de l'apport de l'autre. C'est dommageable pour la cohésion de notre société et les pires comportements animés par la peur, la défiance et l'ignorance nous font perdre collectivement un temps précieux . Depuis 2006 au travers du projet live "Urban Kreol" j'essaie de présenter des artistes  vivant cette réalité vivante et captivante du métissage dans leur musique. Ces artistes sont français mais ils sont souvent estampillés "world" ou d'un style qui les associe à l'ailleurs ! Si il y a quelque chose à changer c'est bien cette histoire de centre auto proclamé qui décide de la pertinence artistique des supposés satellites .je vis ce que je suis et je n’ai de comptes à rendre à personne je partage volontiers cette maxime avec qui que ce soit.                                                                                                                                                                     Flashmag : Les projets de Gerald Toto, dans les jours à venir, un album sur le marché, en chantier ? Des dates de concerts ?

J'ai la date la plus importante de ma carrière qui m'attend le 19 octobre au New Morning ! Paris

Gerald Toto,Flashmag te remercie pour ta patience et ta  pertinence tout au long de cet entretien

interview realisee par Hubert Marlin Jr.

video Gerald Toto extrait

  • Ninja Essays - December 5, 2017 5:23 AM

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