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Flashmag rencontre Bams, une artiste accomplie

October 16, 2013 0 Comments

Flashmag rencontre Bams,  une artiste accomplie

Flashmag ce mois d’octobre est en France,  l’automne parisien n’a jamais été autant  pétrit d’éclairs du ciel de la planète musique.  Dans ce stop Parisien nous allons à la rencontre d’une artiste de talent  qui a pris d’assaut la scène du rap français en 1999 avec l’opus « Vivre ou mourir » un album rap afro électro qui fera d’elle une valeur sûre du rap français dans l’hexagone.

6ans plus tard le public assistera médusé à un nouvel affront de l’afro française, car il faut bien l’avouer, féministe au relent de rebelle, elle est de ceux qui forcent le questionnement, et  une remise en question des rapports de force,  elle est une véritable allégorie de la loi du supposer plus faible. De ce monde sera un peu  une ode à la femme en colère, le tout sur un hiphop bien travaillé. Le 3eme  opus  sorti  en 2010 « On Partira »  quant à lui est la résultante de   la maturité finalement atteinte de l’artiste qui reste pleinement  engravée  dans  les lyriques politico-poétiques.

3 ans plus tard Bams est de nouveau dans les bacs avec un 4eme album intitulé  « Dérèglement Climatique »    un opus qui s’appuie sur le  jazz l’électro, le  hip hop, les  riffs rock, le groove et  la chanson française, l’un des titres far Changement de trajectoire est assez évocateur, d’une musique, qui a été travailler minutieusement  avec une inclusion de toutes les expériences de la rappeuse  qui jadis fut championne de triple saut.  C’est un saut dans son univers musical qu’elle  nous invite à faire,  à travers  ces lignes de l’entretien qu’elle nous a accordé.

Flashmag :Bonjour Bams c’est un réel plaisir pour notre magazine de t’avoir comme invitée spéciale de sa page culturelle Arts & Entertainment, sans plus tarder nous allons rentrer dans le vif du sujet  je me suis toujours demander et le public sans doutes aimerait savoir pourquoi Bams a choisi de rentrer dans l’arène du rap français dans les années 90 un univers très carré  à  l’époque et exclusivement réservé aux mecs? 

Bams : « À tout malheur, bonheur est bon », c’est l’expression qui introduit bien ma réponse ;) Enfant – ado, j’écoutais du Jazz et du Rock. Ma culture musicale s’est faite autour d’artistes comme Miles Davis – David Bowie – Les Kortatu – Les Violentes Femmes – The Smiths – Nina Simone – Fela Kuti – Wes Montgomery etc… je n’écoutais pas du tout de Rap. À 2O ans, je perds un proche duquel j’hérite de tous ses disques. Il n’écoutait que du rap, je ré écoute donc ces albums avec un affect particulier qui me fait, pour le coup, cette fois apprécier cette musique. Même période, j’accède à mon premier appart. Paris… mes premiers amis noirs (je suis née à Paris mais j’ai grandi dans une banlieue blanche), ils m’emmènent dans mes premières soirées Hip Hop. Je découvre cette culture. Je découvre le Freestyle et ado, j’avais un groupe «  Shuka Gang », basse –batterie- guitare – et moi au micro et aux lyrics. Je n’ai de plus jamais été timide, donc il m’a été assez naturel de prendre le Mic et d’improviser. Très vite (peu de filles), je me fais remarquer. Des DJs – producers me font mes premières instrus et…très vite mes premiers morceaux.

Ce qui m’a tout de suite happé, c’est la libération que j’éprouvais et en écrivant et en interprétant mes titres. J’ai toujours pensé que la révolution sociale, que j’espère servir avec ma musique, ne passe plus par la politique mais que la révolution se doit d’être avant tout, culturelle. Oui, je suis convaincue que l’art change le cours des choses. Une musique, un bouquin, une sculpture, un film… nous accompagne, nous épaissit et nous nourris. De vrais bagages culturels peuvent être de vraies armes spirituelles. Alors plutôt que de faire de la politique pour partager ma vision du monde, je préfère faire de la musique. Et puis c’est tellement plus fun et plus sexy… J’y trouve beaucoup plus de liberté.

Flashmag : Vivre ou Mourir un cri a la survie dans un univers derelict  de la banlieue

Parisienne, aujourd’hui lorsque vous faite un flashback sur cette période de votre vie qu’elle sentiment avez-vous?  Pensez-vous que vos lyriques  et ceux des autres Rappeurs engagés, ont aidé à changer le regard de la société  sur la banlieue et les blacks,  2 décennies après la déferlante du mouvement Rap?

Bams : Je ne sais pas si j’y ai contribué mais il est clair que les jeunes noirs d’aujourd’hui grandissent dans un tout autre monde que celui que j’ai connu il y a 20 ans. Restons dans la musique, j’ai grandi à l’époque où Mickael Jackson ouvrait la voie  de diffusion de clip d’artistes noirs sur des chaînes musicales incontournables pour prétendre à une carrière internationale. Aujourd’hui cet accès est acquis et notamment grâce au Rap.

Par contre pour moi, le racisme est toujours là. Il est avant tout d’état et ça, je ne pense pas que ce soit près de bouger. Alors, toujours pour rester dans la musique, il est intéressant d’analyser quel genre d’artiste noir est mis en avant : Qui accède aux gros labels, aux gros budgets. Quelle image sert-il ? Vous trouverez assez bien les réponses tout seul. Au fond tout ça est politique. Et j’aime à penser que tant que le continent africain ne sera pas, droit sur ses jambes, autonome et réellement indépendant. Tant qu’il ne sera pas apte à, lui aussi, participer à la marche du monde et non pas à subir les lois dictées par les impérialistes, l’Homme et la Femme noirs du monde entier continueront de subir des discriminations liées à leurs couleurs de peau. Pour moi, le lien est évident.

Après… la lutte des classes et l’exclusion sociale, les plus grands prolos sont malheureusement un lot mondial et les résorber, c’est un choix collectif que doivent prendre les peuples du monde.

Flashmag :6 ans ce seront écoulées entre votre premier album et votre second opus  De ce monde parut en 2005 en quoi était dû cette périodes de hiatus ?

Bams : Mon premier album, que j’adore, est un album 100 % Rap. Sur ce projet, j’ai eu : maison

de disc – éditeur – tourneur… tout ce qu’un artiste peut souhaiter. Et puis quand l’idée de «  De ce Monde » a germé, mélanger les genres et les formes musicales (nous sommes en 2001), j’en parle au nouveau D.A en place et là… ce n’est qu’un an et demi après que je comprends qu’il ne me suivra pas sur ce coup. Alors je romps mon contrat et ma vie d’indé auto produite commence.

Encore une fois, quand on reste à la place qu’on a faite toute chaude pour nous. Artiste noir – rappeur – world music – ou reggae – ragga, ça va mais dès lors que l’on prétend prendre place dans la pop, la chanson ou le rock ( qui pourtant est une musique noire au départ ) , en France , c’est très, très , très compliqué. Mais, nous sommes de plus en plus d’artistes à proposer une pluralité dans nos codes artistiques. À faire tomber le cliché qui a malheureusement la peau dur. Mais aucune grande lutte ne s’est faite en un jour ;)

Flashmag : On Partira sortira en 2010 un Album bien accueilli par les critiques hors de l’hexagone mais un peu laborieux en France même si votre public restera constant  en quoi selon vous en quoi était dû ce léger revers, l’univers médiatique hexagonal qui reste très sélectif, ou bien à  la fameuse crise du hiphop mondial qui s’en va décadent, selon certains comme le Rappeur américain Nas qui affirme que le hip hop est mort?

Bams :J’aime ce disque, j’aime tous mes discs ;) mais je pense que dans la production, j’ai fait au mieux, avec les moyens que j’avais mais le résultats est assez opaque. Que ce soit les mix, le choix des prods sur l’ensemble du disc. On est moins à être aventuriers que de bien sage, comme on dit, comme on fait d’habitude. Donc cette évidence combinée avec ma moins bonne réalisation, ça donne... plus compliqué ;) Par contre, sur scène, les titres pètent et je continue à les jouer ;)

Flashmag : Du rap pure et dur   de vos débuts vous vous êtes trouvée  une niche dans un véritable melting pot artistique dans votre nouvelle Album « Dérèglement climatique »  changements de trajectoire, l’un des titres far en est apparemment évocateur de votre virage, qu’est-ce que cela sous-entend une expression de la maturité de votre vécu artistique, ou alors une rentrée dans les rangs de la musique pop qui fait plus d’émules de nos jours?

Bams : « Dérèglement Climatique »est juste mon disc, à ce jour, le plus réussi. J’ai bossé, j’ai tout bossé. Les prods, la cohérence de l’ensemble au service de l’histoire, du parcours sonore que j’avais dans la tête, les voix. Tout jusqu’à l’image.

Avant je me foutais et des discs et de l’image. Je me disais un disc, c’est juste une carte de visite entre le public et moi, pour qu’il se rende compte de ce que je fais pour ensuite venir me voir sur scène où là… j’ai toujours été exigeante. C’est ce pour quoi je fais de la musique, pour vivre la scène, mon univers porté directement sans marketing – trafic de voix au qu’est ce – le public et moi. D’ailleurs sur scène, je n’ai jamais eu de souci à réfléchir sur « quelle image » et de répondre, celle d’« une femme, libre, apprêtée, sexuée et audacieuse » car pour moi, c’est politique. Casser le code, de la belle , bonne, conne mais de dire à nos hommes, à nos sœurs craintives, oui, on peut être femme, libre, belle et sexy et avoir des choses à dire et bien sûr autre que bébé chéri , pourquoi, c’est qui, tu ne m’aimes plus ;)

Et sur «  Dérèglement Climatique », je me suis dit, marre de me faire piéger à chaque fois parce qu ‘avant je refusais en promo, en photo, en clip celle que par contre, je me suis tjrs attachée à être sur scène. J’avais l’impression que c’était me compromettre. Un album, deux albums, trois albums… le « simple » succès d’estime, qui n’a par ailleurs jamais été remis en question, ne me suffit plus. Aujourd’hui, j’en veux plus. Je veux que chaque projet m’assure au moins de pouvoir produire le prochain, alors je me suis dit quelle image, moi, me raconterait. Quelles sont les valeurs portées par mes titres que je veux que l’on ressente en regardant ma pochette, mon clip, mes photos. J’ai mis du temps mais aujourd’hui, j’ai trouvé. C’est élégant, léché, exigeant, poético-artistique et simple. On a fait au mieux pour répondre à ce cahier de

doléance.

Et pour finir, 99, c’était il y a 14 ans. Je pense que lorsqu’on a fait des études quand on sort de thèse… on est prêt J

Flashmag :ceux issus de l’immigration africaine en Europe comme vous  sont parfois enclins à un questionnement quotidien sur leur identité culturelle, avec l’occident qui ne les accepte pas toujours tout de go et les questions existentielles qui les poussent  à s’assimiler a un modèle qui s’impose à eux, à votre avis est ce cette ambigüité qui est le fil d’Ariane de votre œuvre musicale ou simplement l’envie de passer votre message? Qu’est-ce qui vous inspire le plus?

Bams : Il est clair que mon statut de femme noire jeune constitue le premier prisme par lequel je regarde le monde. Et j’écris pour partager ma vision du monde et surtout en raconter les portes de sorties que l’on tend à soi-même  se fermer et/ou bien sûr que l’on tend à laisser bien fermées.

C’est de raconter que le «  autre chose – autrement » est notre salut à tous. C’est ça qui me fait kiffer, de narguer le système, les lois, les cases, les dogmes pour louer le propre de l’être humain… la liberté. Alors mes inspirations comme tout artiste je pense, les expériences, la vie, les amis, la télé, l’actu, les balades en forêt, les voyages, la bonne nourriture, le vin, l’Amour. Tout inspire… le bruit de la chasse d’eau.

Flashmag :ce quatrième opus parlons-en, plus en profondeur comment vous le sentez-vous vous-même? Où  le placez-vous dans le cheminement de votre carrière?  Comment s’est passe sa conception en studio avec qui avez travaillez? Quel objectifs visez-vous avec ce nouvel opus  quel est le public que vous ciblez?

Bams : Je me dis que si un artiste, à qui la vie prêtera vie, à la chance d’exercer jusqu’à ses 75 piges, peut être, si comme moi il déteste la redite, aura t il la chance de vire 3 – 4 grands courants artistiques dans sa carrière. Avec ce nouveau disc, j’ai le sentiment de solder la première période. Comme si, tous les chemins empruntés lors des précédents formaient aujourd’hui un monde, une plateforme, un lieu : Lieu 1 : Bams ;)

Je sais que, si je me prête vie, le prochain sera solidifié par ces quatre précédents. Aujourd’hui, je me sens avoir des acquis, sentiments que je n’ai jamais eus auparavant. Le prochain, je partirai de ces quelques acquis, qui en plus vont s’enrichir de tout ce que je vais avoir l’occasion de vivre avec les concerts et c’est comme si je sais déjà que le précédent, je vais pouvoir faire autre chose.

Mes objectifs avec cet album, le même qui m’a toujours portée à la sortie de chacun de mes projets. Tout pété, faire que le plus grand nombre ai la possibilité de découvrir ma musique, tourner, tourner, tourner et ce bien sûr, sur la planète ;) Car la musique, l’énergie, le sentiment, sont universels. Pas besoin de parler en anglais pour sentir de quoi l’autre parle.

Un con, ça se reconnaît dans toutes les langues ;)

Flashmag :avant de clore cet entretien avez-vous n mot spéciale envers le public? Quel est votre agenda du future proche ?

Bams :Un mot pour le public :

Light, Force & LoV’… Et que les vents chauds vous portent là où vos yeux brillent.

Mon agenda. Me lever, chacun des matins à suivre ces deux années à venir, avec la banane, avec la patate, pour faire vivre ma musique et la faire exister le plus possible. Soigner ceux que j’aime, prendre soin de mon spirit, prendre le temps de faire l’Amour car l’indépendance et l’auto production, ça prend la tête parfois et chez moi quand la tête est prise… les jambes se ferment ;) Écrire et continuer d’écrire et surtout être assidue à mes cours de chant ;) Voilà mon programme et bien sûr, 2014 jouer par chez vous !!! Aussi…

Flashmag :Bam’s Flashmag et son lectorat vous remercie  pour cet entretien cordial et  ouvert.

Bams :Merci Flashmag de m’avoir invitée et de mettre ainsi la lumière sur mon projet.

Light, Force & LoV’ … too …

plus d'infos sur www.bams.fm

Lien Video "Changement de trajectoire" http://www.youtube.com/watch?v=IdlUi6-44eo&noredirect=1

Photos: Valezy-Houcke

Propos Recueillis par Hubert Marlin Jr.

Journaliste

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